Valentin Vada : "Maintenant, je suis un footballeur"

8/02/2016
Á 19 ans, Valentin Vada éclate enfin au grand jour. Pétri de qualités, le milieu n’a pourtant pas toujours fait les bons choix, depuis son arrivée aux Girondins. Retour sur un parcours atypique.
Sa carrière n’est pas finie, bien au contraire. Si la formule paraît étonnante, elle traduit bien le ressenti d’un joueur sur lequel personne ne comptait plus ou presque. Mais le football prend parfois à contre-pied le destin, chose que le milieu de terrain argentin vérifie de très près, ces derniers mois.
 
Végétant en CFA, division dans laquelle il en était même réduit au rang de simple intérimaire, ce garçon arrivé très jeune aux Girondins, ne se faisait guère d’illusion sur sa possible carrière professionnelle chez les Marine et Blanc, à l’aube de la présente saison.
 
Doué techniquement mais ne s’exprimant qu’en mode soliste, en surpoids et visiblement démotivé (voire déprimé), il était souvent remplaçant, dans l’équipe drivée par Patrick Battiston. Autant dire face à un horizon des plus bouchés. Qui plus est après avoir été en proie à des nombreux problèmes administratifs et juridiques, avec la FIFA.
 
Mais le déclic a eu lieu et le jeune homme, autrefois comparé à Lionel Messi – rien que ça ! –, s’est refait une santé autant mentale que physique. Ce qui lui a permis d’intégrer le groupe de Willy Sagnol, durant l’été 2015. Et après 12 matches (dont 7 titulaires), toutes compétitions confondues, il semble s’épanouir enfin. « Je me sens très bien et le coach me fait de plus en plus confiance, indique-t-il. Je l’en remercie et j’essaie de faire du mieux possible pour apporter un plus à l’équipe. » Tout en revenant sur son parcours. « J’ai d’abord eu la chance qu’il y ait beaucoup de blessés (sic), mais je me suis préparé pour ça. Depuis quelques matches faits avec la CFA, je sentais que je pouvais donner plus, et j’ai montré que je peux être au niveau, même s’il me reste beaucoup de travail à faire. »
 
 
"J’ai beaucoup douté"
 
 
La métamorphose a donc opéré efficacement, pour l’un des meilleurs passeurs décisifs de l’effectif. « J’ai changé mon état d’esprit et beaucoup de choses, ainsi que mon jeu, qui est plus simple… Avant, on va dire que je jouais pour moi, que je ne pensais qu’à moi, alors que maintenant, je pense au collectif, et au bien de l’équipe. » Alléluia, il est là le Messie ! Serein, abordable, détaché et déterminé à donner le meilleur. « Ce qui s’est dit sur les réseaux sociaux, à un moment donné, ce n’était pas de ma faute, recadre-t-il gentiment. Tout ceci m’a un peu monté la tête, ce qui est normal finalement, mais je pense que je suis devenu un joueur de football, désormais. J’ai douté de pouvoir m’imposer à Bordeaux, mais j’ai remis la tête à l’endroit, j’ai travaillé et c’est pour ça que je suis là aujourd’hui. Mais il est vrai que j’ai connu des moments très difficiles. »
 
Aidé et soutenu dans son action par ses coaches de CFA et sa famille, Vada savoure l’instant. Où qu’il soit. Même milieu relayeur (LIRE notre ITW ici). « Jouer plus bas, me convient… Dès qu’on me met sur le terrain, latéral droit, attaquant, milieu ou gardien, ça me va très bien, explique-t-il dans un large sourire. Je prends du plaisir. »
 
Aujourd’hui, le garçon est comblé, heureux de jouer et de bénéficier d’une double culture footballistique, « un mix de foot français et argentin ». Le Vada attendu lorsqu’il était adolescent est donc bel et bien là. « Avant, je n’aimais pas les duels, j’aimais jouer seul, maintenant, je joue simple et j’aide mes coéquipiers. » Et mieux, il les fait gagner.
 
Par Laurent BRUN

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