Bordeaux : secousses à l'aéroport

1/11/2015
L'accueil des Girondins de Bordeaux à leur retour d'Ajaccio (défaite 0-2) par les Ultramarines s'est fait dans une ambiance électrique. Récit et témoignage de Thibaud.
Aéroport de Mérignac cette nuit. "Tu crois qu'on en a rien foutre ou quoi ? Tu crois que ça nous fait pas chier de jouer comme ça ? D'avoir des résultats comme ça ? Tu crois qu'on est content ?" Voir et entendre Jaroslav Plasil sortir de sa réserve légendaire et craquer complètement devant les supporters témoigne de l'état d'alerte dans lequel se trouve le club girondin ce matin, au lendemain d'une indigne défaite concédée sur le terrain du GFC Ajaccio. 
La défaite de trop pour les Ultras qui s'étaient donné rendez-vous à 0:30 dans le Hall A de l'aéroport. Accueilli par une grosse bronca et sous les quolibets, le Président Triaud fut le premier à échanger quelques mots avec les responsables des Ultramarines avant que les joueurs ne sortent au bout de longues minutes.
Dans sa foulée, son entraîneur Willy Sagnol, le visage marqué, n'est resté qu'un bref moment avant de s'éclipser, conscient que la situation est grave pour le club. 
Sifflé par les supporters, Sagnol semble en bout de piste. L'état de grâce" est bel et bien terminé pour l'ancien Munichois, qui n'a plus aucune emprise sur son groupe.
Un groupe désuni au sein duquel Lamine Sané a tenté de faire "bonne figure" choisissant de faire face aux supporters présents, malgré l'atmosphère particulièrement électrique. "Indignes du maillot", "pas de cou.....", "aucun amour propre", les supporters présents ont exprimé durement leur colère.
 
Carrasso, le visage marqué
 
Dans sa prise de parole, Laurent Perpigna a évoqué, le "ras-le-bol des supporters face à la situation actuelle du club". Le responsable des Ultramarines a appelé les joueurs "à se révolter" et à "sauver l'institution FCGB". Un autre leader ultra, a, lui, rappelé que le Virage Sud a toujours été derrière l'équipe ces dernières semaines, et annoncé que des actions plus "radicales" seront de mise si la situation ne s'améliore pas rapidement.
Seul joueur épargné par les critiques, Cédric Carrasso. Cité pour son exemplarité, le gardien bordelais n'a pas bronché, le visage marqué par les mots des supporters et face à l’ambiance très tendue qui régnait dans le hall de l'aéroport.
 
Prior dégoupille à son tour
 
Une tension qui a atteint son paroxysme lorsque Jérôme Prior s'en est pris verbalement aux supporters présents en des termes orduriers et injurieux allant même jusqu'à menacer physiquement un supporter. Le deuxième gardien du club a eu énormément de mal à se contrôler avant que Carrasso et Franck Mantaux, son entraîneur, n'interviennent pour le calmer. 
C'est sous les sifflets et les huées que les joueurs ont ensuite rejoint leurs voitures, avant que le hall de l'aéroport ne retrouve son calme, vers 1h45 du matin.
 
 
Par Thibaud DESJARDINS

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