Thomas Touré: "Yaya Touré, c'est quelque chose"

03/10/2016
Sans se cacher, le Bordelais Thomas Touré évoque la sélection ivoirienne, la retraite de Yaya Touré, le prochain match face au Mali ou bien Serge Aurier. Entretien sans complaisance.

Thomas, vous rejoignez la sélection ivoirienne pour le premier match des éliminatoires de la Coupe du monde 2018 face au Mali. Que connaissez-vous de cet adversaire?
On sait que c'est bonne équipe, organisée autour d'une nouvelle génération. Beaucoup de ces joueurs étaient à la Coupe du monde des moins de 20 ans, où ils ont fait un beau parcours (3e en 2015, NDLR). On sait qu'ils sont jeunes mais on sait pas exactement à quoi s'attendre encore. C'est plutôt une bonne génération, ils seront peut-être un peu insouciants, c'est lié à leur jeunesse, mais ce sera à nous d'en profiter. Surtout après notre qualification compliquée pour la CAN...

Justement, votre dernier match, face à la Sierra Leone, avait été très difficile.
Oui, c'était compliqué. Mais on s'est qualifié pour la Coupe d'Afrique, c'est ça le plus important. Si on doit se qualifier pour la Coupe du monde dans la douleur, ce sera pareil: l'important, c'est d'y être.

C'est un rêve de jouer une Coupe du monde?
Bien sûr! Si un joueur vous dit qu'il ne rêve pas de jouer une Coupe du monde, c'est qu'il a un problème! (rires)

Votre groupe de qualification avec le Maroc, le Mali et le Gabon n'est pas évident.
Ce ne sera pas facile, c'est sûr. Mais on est prévenus. Si ce n'est pas facile pour nous, ce ne sera pas facile pour eux non plus. Voire plus difficile pour eux. Nous, on va prendre les matches les uns après les autres.

C'est difficile d'être le grand favori?
Bien sûr, c'est difficile, oui. Mais c'est le sport. Si il y a un favori, c'est qu'il y en a d'autres qui ne le sont pas mais, au final, c'est l'équipe qui en veut le plus sur le terrain qui gagne. Favori, pas favori, ça ne veut pas dire grand chose en vérité.

Un mot sur le sélectionneur, Michel Dussuyer.
C'est un bon coach, très porté par la tactique. Il est passionné par ce qu'il fait, ça se voit dans son discours. Après, il ne faut pas oublier qu'il récupère une équipe championne d'Afrique, ce n'est pas évident. Il faut lui laisser du temps et avoir confiance en lui. On fera par la suite.

A titre personnel, comment vis-tu la concurrence en sélection devant (Bony, Gradel, Kalou, Doumbia, Gervinho, Sio...) ?
C'est vrai qu'il y a du beau monde. Mais c'est bien d'apprendre avec tout ce beau monde. Moi, je me contente de regarder, de m'entraîner et d'attendre ma chance.

Est-ce que la retraite de Yaya Touré change quelque chose?
Il n'était pas là pour le dernier regroupement, on savait qu'il était en pleine réflexion. Forcément, ça va changer quelque chose mais beaucoup de nations perdent de grands joueur. La France a connu ça avec Zidane, la Suède plus récemment avec Zlatan... C'est le foot, c'est la vie. Il faut avancer. Je ne l'ai pas trop côtoyé en sélection mais je l'ai connu en dehors. On a souvent parlé de foot. Mais Yaya, c'est quelque chose.

Est-ce que les tracas de Serge Aurier ont un effet sur la sélection?
Je ne l'ai pas croisé (entretien réalisé après PSG-Bordeaux, NDLR), je ne sais pas s'il était là. Mais, forcément, on s'intéresse à ce qui lui arrive car on a des affinités. Mais c'est la vie... On prend de ses nouvelles mais on ne parle pas forcément de ses problèmes. Surtout quelqu'un comme Serge Aurier, il est assez exposé médiatiquement pour qu'on l'embête pas avec ça.

propos recueillis par Nicholas Mc ANALLY

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