Sénégal - Côte d'Ivoire: la fête est gachée

27/03/2017
Le match amical entre la Côte d'Ivoire et le Sénégal a été interrompu à la 88e minute en raison de l'envahissement de la pelouse par les supporters.

Ce devait être une fête. Un choc entre deux des meilleures sélections du continent. Ce match entre le Sénégal et la Côte d'Ivoire, aussi amical soit-il, s'annonçait alléchant. Un choc entre deux ténors africains, un duel entre deux bêtes blessés. Une rencontre affriolante sur le papier qui devait servir de répétition générale avant d'autres combats, autrement plus importants. D'un côté, le Sénégal et ses Lions en pleine reconstruction et vexés de cette élimination décevante en quarts de finale de la CAN 2017. De l'autre, la Côte d'Ivoire et ses Eléphants affectés par une élimination précoce au Gabon et en manque de repéres. Ce devait aussi être l'occasion pour Marc Wilmots de prendre ses premières notes avant de s'installer sur le banc ivoirien.

Si le technicien belge a griffonné quelques mots sur son carnet, c'est sans doute pour se dire qu'il avait du pain sur la planche. Certes, les absences de joueurs comme Serge Aurier, Max-Alain Gradel, Wilfried Bony ou Serge N’Guessan n'ont pas aidé. Pas plus que la retraite de Salomon Kalou après la dernière Coupe d'Afrique. Les champions d'Afrique 2015 ont -encore une fois- manqué de piquant. Brouillons dans la finition autant que dans la construction, les Ivoiriens n'ont rien de la Selefanto qui dansait sur le ventre du continent et faisait trembler les meilleures sélections mondiales. Seuls les éclairs de Nicolas Pepe ou Wilfried Zaha ont apporté un peu de couleurs à une sélection bien pâle, organisée autour du roc Eric Bailly.

Comme d'hab

En face, ce n'était pas forcément mieux. Sadio Mané a certes fait admirer sa technique et Baldé Keita a pas mal tenté mais les Sénégalais n'ont jamais vraiment fait trembler Sylvain Gbohouo. Et, au final, le spectacle est venu des tribunes. D'abord avec les chants des supporters, environ 7000 dans un stade Charléty qui peut en accueillir quasiment trois fois plus. Puis directement sur la pelouse lorsque certains "supporters" sont venus interrompre le déroulement de la partie. L'ambiance était bon enfant mais la sécurité, vite dépassée, n'a pas su faire face aux vagues qui ont déferlé sur les joueurs. Totalement à la rue face au nombre de supporters présents, les organisateurs n'avaient visiblement pas prévu un dispositif adéquat. Résultat, au troisième avertissement, et avec deux petites minutes à jouer dans le temps réglementaire, l'arbitre français de la rencontre Tony Chapron a renvoyé tout le monde aux vestiaires, délaissant le carré vert à ces hordes de fans venus prendre des selfies sur le terrain. Certains en ont plus ou moins profité à l'image de Cheikhou Kouyaté, plongé dans un bain de foule XXL, bousculé par des dizaines de personnes. D'autres, comme les buteurs Sadio Mané (67e sp) et Cyriac Gohi Bi (71e), étaient déjà partis. Pas de coup de sifflet final donc, pas plus que d'interviews d'après-match ou de conférence de presse.

Et tant pis pour le football.

par Nicholas Mc ANALLY

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