CAN 2015 : mic-mac à la CAF

20/10/2014
Report ou annulation? En raison de la propagation du virus Ebola, la question de la CAN 2015 met la CAF dans l'embarras.

Les CAN 2019, 2021 et 2023 auront lieu respectivement au Cameroun, en Côte d'Ivoire et en Guinée. L'édition 2015, elle, reste un point d'interrogation. Le Maroc, chargé d’organiser sa 30e édition a en effet demandé le report de la compétition, en raison de l’épidémie de fièvre Ebola qui déjà fait près de 5.000 morts sur le continent. La Confédération africaine de football, si elle a opposé son veto, cherche tout de même une solution de repli pour un tournoi initialement prévu du 17 janvier au 8 février.

Un temps évoquée, la solution sud-africaine a du plomb dans l'aile. La nation arc-en-ciel n'est absolument pas disposée à faire office de Plan B, après avoir accueilli à la dernière minute le tournoi en 2013. "Accueillir la CAN, c'est non et non", a ainsi tweeté le ministre des Sports Fikile Mbalula. "Nous n'avons pas à notre disposition, actuellement, les ressources pour prendre le relais. Nous l'avons fait par solidarité avec la Libye l'an dernier, et notre budget ne nous permettra pas d'accueillir la nouvelle édition de la CAN. C'est absolument impossible". L'Algérie, autre alternative, s'est elle aussi désistée. Mohamed Tahmi, le ministre des Sports algérien, a confirmé que l'Algérie avait bien été sollicitée. "On a reçu une demande de la CAF pour organiser la CAN 2015, mais on a vite répondu par la négative. C’est impossible pour nous de préparer un événement comme la Coupe d’Afrique des nations en 3 mois", a-t-il indiqué sur la radio Chaîne 1. "Si on nous a refusé l’organisation des CAN 2019 et 2021, comment voulez-vous qu’on nous donne celle de 2015 ?".

Tirage au sort en novembre

Le Nigeria a lui fait acte de candidature par la voix de Seyi Akinwunmi, vice-président de la Fédération nigériane (NFF). "La décision ne revient pas seulement à la NFF, mais on nous a demandé et nous avons dit 'oui, pourquoi pas ?' Je pense que la Commission nationale des sports ou le gouvernement est en train d’étudier la possibilité d’accueillir la CAN", a-t-il fait savoir au lendemain de l’annonce faite par l’OMS, qui indique la fin officielle de l’épidémie d’Ebola au Nigeria, au terme d’une période de 42 jours depuis la confirmation du dernier cas. Une solution idéale pour Lagos qui sauverait du même coup la peau de ses Super Eagles, bien mal embarqué dans cette campagne éliminatoire puisque, à deux journées du terme, les Nigérians, champions d'Afrique en titre, ne sont que troisièmes du groupe A avec une seule victoire.

Le Ghana, qui attend d'accueillir le football africain depuis 1978, semble lui tenir la corde pour suppléer le royaume chérifien. Une chose est sûr, que ce soit au Maroc ou dans un autre pays, il s'agira avant tout d'avoir à gérer avec une problématique de logistique en un temps express. Et ce n'est pas une bonne chose pour Pape Fall. "C'est n'importe quoi. Il y aura toujours des mouvements de population où que la CAN soit organisée. Le Maroc, le Sénégal, l'Afrique du Sud... c'est pareil", souligne l'ancien international sénégalais. "Ca ne sert à rien, ce report. Surtout à deux ou trois mois du coup d'envoi. Ce n'est pas la bonne formule."

Du côté des instances dirigeantes, on joue la montre. Les dirigeants de la CAF ont rendez-vous le 2 novembre en Algérie pour traiter du dossier Ebola, et doivent se rendre au Maroc le lendemain. Si le Maroc renonce et si plus d'un volontaire se manifeste pour le remplacer, un tirage au sort serait organisé.

par Nicholas Mc ANALLY

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